Article rédigé pour le 50ème anniversaire du SIVOM des Eaux de Brandon par J. de MASIN
 

Le SIVOM de Brandon a les compétences de distribution de l’eau potable, de l’assainissement collectif et de l’assainissement individuel dit le SPANC

 Avant le SIVOM de Brandon, il y a cinquante ans…..

 A cette époque, chacun se procurait de l’eau comme il pouvait : à la source voisine, au puits avec un seau ou une pompe. On allait laver les draps et le linge au lavoir ou dans la pêcherie. Et puis vint le temps des salles de bains et des douches, des machines à laver le linge puis la vaisselle. Pour cela il fallait de l’eau au robinet. Et pour amener l’eau au robinet il fallait aller la chercher quelque part : ce serait l’étang de Brandon.

L’étang de Brandon

Cette retenue d’eau est très ancienne. Elle est en effet citée pour la première fois dans un document datant de 1409. On  reparle à nouveau de l’étang de Brandon en 1536.  Cette année fut si pluvieuse que l’eau monta très haut dans l’étang, si haut que la digue céda emportant des moulins et d’autres digues d’étangs situés en aval. Le propriétaire de l’étang, M. Hugues de Montessus, fit refaire la digue ce qui représenta 1586 journées de travail.

Puis au cours des siècles qui suivirent, l’étang fut plus ou moins régulièrement vidé pour recueillir le poisson. On y pêchait aussi à la ligne et parfois il était braconné. Après la dernière guerre mondiale, l’étang fut régulièrement exploité dans le cadre d’une activité piscicole  qui comprenait 8 étangs. On vidait le grand étang – c’est ainsi qu’on l’appelait – chaque année en octobre ou novembre et l’on recueillait environ 3 à 4 tonnes de poissons. Une vingtaine de personnes participaient à cette pêche : les membres du domaine de Brandon bien sûr et des gens du village. La dernière pêche eut lieu le 22 octobre 1957.

 L’étang de Brandon transformé en retenue d’eau potable

C’est Philibert Nectoux, élu maire en 1945, qui eut l’idée de mettre en œuvre une adduction d’eau qui alimenterait en eau toutes les maisons de Saint-Pierre-de-Varennes.

Il s’en ouvre à M. Maupoil alors sénateur. Ce dernier l’encourage dans cette idée et promet de l’aider. Très rapidement M. Nectoux avec M. Georges Carthieux, Conseiller général maire de Couches, mais aussi de M. Marcel Dallery, maire de Perreuil et de M. Dodille, maire de Saint-Jean-de-Trézy, élaborent les bases d’un syndicat des eaux auquel adhéreront aussitôt 10 communes. Ce syndicat sera constitué par l’arrêté du Préfet signé en date du 10 janvier 1957.

Les dix premières communes qui adhèrent au syndicat sont : Couches, Dracy-lès-Couches, Essertenne, Perreuil, Saint-Firmin, Saint-Gervais-sur-Couches, Saint-Jean-de-Trézy, Saint-Maurice-lès-Couches, Saint-Pierre-de-Varennes et Saint-Sernin-du-Plain.

Le projet de barrage et d’usine de traitement des eaux fut étudié et suivi  par M. Poillaud alors ingénieur du Génie Rural. Il fallait acheter l’étang ce qui fut fait en septembre 1957 puis reprendre la digue  pour la renforcer et la surélever ce qui sera fait en 1959. Ensuite il fallait concevoir une usine de traitement des eaux et la construire ce qui fut réalisé en 1960. Parallèlement à cela, était construit le réservoir de Drevin et implanté les premières canalisations d’eau qui permettront d’alimenter en eau les maisons. Les essais seront effectués en fin 1961 au village de Saint-Pierre.

 L’eau coule aux robinets en fin d’année 1961 – L’assainissement va suivre…

 

Enfin le 12 décembre 1961, M. Philibert Nectoux signait le premier contrat d’affermage avec la Compagnie Générale des Eaux devenue successivement Vivendi puis Véolia aujourd’hui, toujours société fermière du Syndicat au terme d’un contrat d’affermage qui se terminera en 2012.

 Rapidement après que l’adduction d’eau fut réalisée dans les communes adhérentes au Syndicat, M. Philibert Nectoux songea à créer un réseau d’assainissement collectif. Mais deux années de suite le Conseil Syndical refusa. M. Nectoux ne verra pas la réalisation de ce projet car il décèdera soudainement le 8 février 1976 après un mandat de maire de 30 ans et 19 années à la tête du syndicat des Eaux qu’il avait créé.

Evolution du Syndicat

On aurait pu penser que le successeur de M. Nectoux à la tête du Syndicat aurait été M. Paul Cornu, nouveau maire de Saint-Pierre. Mais il travaillait à la Compagnie générale des Eaux, société fermière du Syndicat des Eaux ce qui lui interdisait toute responsabilité dans le Syndicat des Eaux et ce fut M. Joseph Simonin, alors maire de Saint-Sernin-du-Bois qu fut élu président du Syndicat succédant ainsi à M. Nectoux.

En 1978, le Syndicat des Eaux prend la compétence « assainissement » et se transforme de ce fait en Syndicat à Vocation Multiple des Eaux de Brandon ou SIVOM de Brandon. Si le réseau AEP (= Alimentation en Eau Potable) est géré en contrat d’affermage par la Compagnie Générale des Eaux aujourd’hui Véolia, en revanche, l’assainissement est géré en régie directe par le SIVOM de Brandon.

Au fil des années d’autres communes rejoignirent le SIVOM à savoir : Créot, Marmagne, Saint-Emiland, Saint-Martin de Communes, Saint-Sernin-du-Bois et Saisy.

Récemment le SIVOM prit une troisième compétence : la gestion des assainissements individuel appelé SPANC (= Service Public d’Assainissement Non Collectif).          

Conclusion et perspective d’avenir

S’il a fallu imaginer la distribution de l’eau, la récupération des eaux usées à travers un réseau collectif, s’il a fallu entretenir ces installations et réseaux, on constate aujourd’hui que ces installations ont maintenant plus de cinquante ans. Entre temps, les exigences de la qualité de l’eau ont évolué et l’usine de traitement des eaux de’ Brandon est non seulement « fatiguée » mais n’est plus adaptée à la demande actuelle.

 Cela a conduit le SIVOM à lancer une étude destinée à voir qu’il aurait lieu de faire. Plusieurs possibilités sont envisagées selon que l’on travaille ou non en liaison avec la ville d’Autun :

- Rénover l’usine existante située à Saint-Pierre-de-Varennes. Mais ce n’est pas évident d’y effectuer de lourds travaux tout en la maintenant en fonctionnement.

- En construire une neuve à côté de celle existante, ce serait sans doute mieux.

- Construire une seule usine de traitement de l’eau pour le barrage du Pont du Roy (Autun) et le barrage de Brandon (Sivom), la nouvelle usine se situant entre les deux retenues d’eau probablement sur la commune de Saint-Emiland.

 Ces différentes solutions sont en cours d’étude sur le plan technique mais aussi sur le plan financier.

 

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